De Lentreprise Lenvironnement

De Lentreprise Lenvironnement

De Lentreprise Lenvironnement

 

Pour les néoinstitutionnels, l’entreprise serait plus influencée par les normes définies par la société et auxquelles elle cherche à se conformer que par les marchés. Cette pression institutionnelle est-elle acceptée sans condition par les dirigeants ?

According to New Institutional Economics, the organization would be more influenced by rules defined by the society and which it seak to comply than it would be by the markets. Do executive officers do with this institutional pressure without saying a word?

Pour aller plus loin :

- Le néo-institutionnalisme, Walter W. Powell, A paraître dans L’Encyclopédie internationale des études Organisation, Les éditeurs Sage, 2007 : http://www.stanford.edu/group/song/papers/NewInstitutionalism.pdf

- Théorie des organisations, Jacques Rojot, Eska 2005

- Adapter les structures de l’entreprise, LAWRENCE, Paul & LORSCH, Jay, Editions d’Organisation, 1973, (trad. 1994)

26/09/2011


 

Si la difficile mutation de l’entreprise vers une politique de respect de l’environnement vient souvent de la direction générale, lorsque celle-ci est convaincue d’une telle politique, l’initiative quant à une démarche écologique ou responsable provient souvent des collaborateurs eux-mêmes.

Le directeur du développement durable joue souvent un rôle central dans cette démarche : il est celui qui peut mobiliser les salariés et créer l’impulsion pour que les collaborateurs adhèrent au projet.

Ce type de démarche dite bottom-up justifie la mise en place d’outils pour que les collaborateurs eux-mêmes deviennent créateurs et acteurs du développement durable, voire porteurs de projets.

En cela, les outils des TIC ont un formidable rôle à jouer, aujourd’hui largement portés par la vague 2.0. Le web et ses fonctions diverses sont devenus de puissants outils d’information, de participation et de sensibilisation aux pratiques du développement durable et de l’environnement : intranets, sites web, services réservés aux salariés, etc. la sensibilisation et l’éducation au développement durable des collaborateurs de l’entreprise passent désormais par des vecteurs dynamiques proposés par les TIC : convivialité, formats ludiques, interaction, information ascendante, etc.

La sensibilisation des collaborateurs de l’entreprise

Comment introduire les valeurs environnementales dans l’entreprise ? Au bureau, comment être un bon « éco-salarié » ? Comment faire pour que l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise s’engagent sur la voie du respect de l’environnement ? C’est au travers de quelques exemples que nous tenterons de répondre à ces questions.

Un monde virtuel au service de l’environnement

Sensiwave

Sensiwave Développement durable (Conscio Technologies) est une plate-forme communautaire pour la sensibilisation au développement durable. Ce jeu – serious game – intègre des quiz pour tester les connaissances des collaborateurs de l’entreprise. L’objectif est de développer une culture du respect de l’environnement, de favoriser la diffusion de bonnes pratiques, de faire adopter aux collaborateurs les écogestes et les chartes internes.

Green is good

Le site www.greenisgood.fr lancé en 2009 s’attache à mobiliser les salariés pour l’environnement au sein de leur entreprise. Il recense un grand nombre d’actions à mettre en place au quotidien : économie d’énergie, de papier, tri des déchets, etc.

Exemples de démarche écologique et de RSE

Trois exemples concrets en matière de démarche écologique et de RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) sont proposés.

L’outil de reporting RSE du groupe Société Générale, Planethic Reporting (www.planethic.org/index.shtml), est utilisé par 500 contributeurs à travers le monde. L’intranet Planethic permet aux collaborateurs de s’informer sur différentes thématiques du développement durable, de comprendre la démarche de RSE du groupe et met à leur disposition des fiches pratiques et affiches de sensibilisation sur les écogestes à adopter dans l’environnement de travail quotidien, tel qu’un guide papier réalisé fin 2008. Concrètement, le site comprend un lexique du développement durable, une bibliographie (textes de lois, articles), une revue de presses hebdomadaire, des best practices, un agenda des forums et sommets, et les actions de mécénat et de partenariats du groupe.

La société de services Capgemini Consulting a mis en place une charte sur les écogestes à destination de ses consultants : la « Charte de l’écoconsultant ». Elle les invite à adopter de bonnes pratiques au quotidien, en les appliquant en internent et chez leurs clients. Chaque consultant est invité à réaliser des gestes simples et efficaces comme préférer les transports collectifs dans ses déplacements, utiliser les nouveaux outils Internet collaboratifs pour favoriser le travail à distance en évitant des émissions de CO2 inutiles, modérer l’usage de l’énergie et des matériaux comme le papier.

Cette charte a été lancée comme un projet fédérateur, conçu par les consultants pour les consultants, et soutenu par la direction des ressources humaines. Un questionnaire a été envoyé par email à tous les collaborateurs pour tester leurs compétences en matière d’environnement, une vidéo pédagogique a été diffusée en interne et sur le site Internet du groupe.

GreenIT.fr est un lieu de réflexion sur l’informatique verte/responsable/positive. Sur les enjeux d’éco-conception, d’économie d’énergie et de recyclage. Mais aussi sur le rôle-clé de l’informatique pour glisser vers l’économie légère (low carbon economy) puis vers une économie positive. Les vingt contributeurs de GreenIT.fr ne se déplacent pas. Ils se réunissent à distance via Skype. Un outil également utilisé pour intervenir lors de conférences à distance auprès de différents groupe de travail en France.

Les TIC au service de la mobilité durable de l’entreprise

Les transports sont responsables d’un tiers des émissions des CO2 dans le monde (34%) et, au sein du secteur transport, le véhicule individuel représente, en France, les deux tiers de ces émissions. Les Français parcourent chaque année environ 65 milliards de kilomètres, dont 30% pour raisons professionnelles. La distance moyenne quotidienne du trajet domicile-lieu de travail est d’environ 15 km. Selon une étude réalisée par la société Regus, l’émission de 938 millions de tonnes de CO2 résulterait, dans l’Union Européenne, des trajets entre domicile et lieu de travail et, selon le WWF, 50% des émissions de gaz à effet de serre (GES) des entreprises du tertiaire sont liés aux déplacements professionnels.

Les bureaux, de leur côté, ne seraient utilisés efficacement que 30% du temps et représentent 18% des émissions, principalement liées à leur chauffage et à leur éclairage.

Les entreprises ont donc un rôle déterminant à jouer sur les transports de leurs salariés. Elles peuvent mettre en pratique des solutions innovantes, soutenues par les TIC, pour diminuer l’empreinte environnementale des déplacements des collaborateurs.

Les systèmes d’information géographique, les logiciels utilisant la navigation par GPS, les sites Internet permettant de gérer une flotte de véhicules et de les réserver en ligne sont toutes des solutions désormais possibles. Internet, par ailleurs, facilite les nouvelles conceptions de la mobilité que sont le covoiturage et l’autopartage. Ainsi, indirectement, les TIC permettent de réduire les émissions de CO2 de ceux qui ont préféré l’économie de la fonctionnalité à la propriété. Elles ont aussi, par ces biais, un rôle à jouer sur l’évolution de la société et de l’économie.

« La vraie quatrième révolution industrielle, après la vapeur, l’électricité et l’informatique, serait plutôt la mobilité, alliant une technologie – l’interconnexion généralisée – à une nouvelle organisation du travail, modifiant le rapport entre l’homme et son espace ». – La première vraie crise de la mondialisation, Daniel Cohen, Le Monde, Bilan Economie, 2010.

Plans de déplacement entreprise

La mise en place d’un plan de déplacement entreprise (PDE) pour une entreprise ou une collectivité consiste à mieux gérer ses déplacements en gagnant en productivité, coût et flexibilité. Il optimise l’ensemble des trajets liés aux activités professionnelles du personnel d’une entreprise, en privilégiant les transports propres, les transports doux et le covoiturage.

Pour déployer un PDE, un état des lieux de tous les déplacements est nécessaire, ainsi que l’estimation du budget déplacement pour l’entreprise et les salariés, une localisation des différents lieux d’habitation du personnel et une étude du mode de transport qu’ils utilisent. L’accessibilité de l’entreprise est ensuite évaluée pour chaque type de transport, ainsi que sa capacité de stationnement.

Les TIC sont présentes tout au long du processus, pour faciliter la collecte des données au sein de l’entreprise, combiner les résultats, et surtout dans la mise en œuvre des actions dans le cadre du PDE (solutions de covoiturage, d’autopartage, de location de vélo, etc.).

STMicroelectronics à Grenoble qui a mis en place l’un des premiers PDE de France, évite ainsi l’émission de 360 tonnes de CO2 par an.

Le télétravail, les télé-activités ou encore les réunions à distance constituent des solutions apportées au monde du travail grâce aux possibilités technologies, afin de réduire l’empreinte environnementale des diverses activités.

Le covoiturage (http://www.greenit.fr/tag/covoiturage)

Le covoiturage est « l’utilisation d’une même voiture particulière par plusieurs personnes effectuant le trajet identique afin d’alléger le trafic routier et de partager les frais de transport ».

On compte en moyenne 1,23 passager par véhicule par trajet en France et 50% des déplacements sont inférieurs à 3 km. Le covoiturage entre 240 personnes permet l’économie de 1500 places de parking et annuellement de 58 tonnes de pétrole, de 117 tonnes de CO2 et de 600 à 900€ par passager. (Etude des syndicats des transports d’Ile-de-France, 1998)

Doubler le nombre de passagers par voiture réduit par deux l’empreinte écologique de chaque passager, immédiatement, et sans évolution technologique.

Les associations estiment aujourd’hui entre 3% et 3,5% la part de la population française concernée par le covoiturage spontané en tant que mode transport quotidien.

Cette pratique, encouragée aux Etats-Unis depuis le début des années 1970 après la première crise pétrolière, est institutionnalisée aux Etats-Unis et en Allemagne. De multiples facilités sont offertes à ses adeptes : réduction des tarifs sur les parkings ou voies de circulation réservées, etc.

Deux sortes d’utilisation sont à considérer : celle quotidienne vers son lieu de travail ou d’études et celle ponctuelle pour des congés ou des évènements particuliers.

Les technologies de l’information (TIC) sont incontournables pour aider les personnes qui souhaitent covoiturer, notamment les technologies du web 2.0 centrées sur les internautes. Sans site web qui permet de confronter l’offre et la demande, pas de covoiturage.

Plusieurs exemples :

Edité par Ecolutis, www.easycovoiturage.com est l’un des premiers sites à avoir vu le jour en France. Il a été lancé en 1999 et compte plus de 100 000 abonnés. EasyCoVoiturage.com propose désormais une nouvelle fonctionnalité : l’utilisateur du type « #covoiturage départ/arrivée/commentaire ». Easy Covoiturage dépose l’annonce et envoie en réponse un lien vers une page d’annonces susceptibles de correspondre. Le service, qui est encore bêta, diffusera les annonces traditionnelles et les annonces Twitter. Petit à petit le nombre d’annonces déposées via Twitter devrait permettre la mise en place de covoiturage en temps réel ;

Covoiturage.fr : solutions de covoiturage pour les entreprises ;

Comuto équipe les entreprises, les collectivités et les organisateurs d’évènements souhaitant déployer un service de covoiturage pour leurs employés, clients ou visiteurs. Comuto propose aux entreprises une plateforme de covoiturage clé en main, utilisant le réseau étendu et la base de données d’utilisateurs dont dispose le site national covoiturage.fr. Le service propose à l’entreprise la création d’une plateforme pour ses clients, pour ses salariés (intra-entreprise) ou encore pour les salariés d’une même zone (inter-entreprises). Des services ont été mis en place dans la ville de Montrouge et dans le quartier d’affaires de La Défense ;

Comeego vise uniquement les étudiants et ambitionne de créer le réseau social communautaire étudiant de demain sur un mode de transport écologique, économique et convivial. Le site a été lancé en septembre 2009 sur vingt campus au Sud de Paris et sur toute l’Ile de France (Ecole Centrale Paris, Supelec, EPF, Université paris 11, ENS Cachan, etc.). Comeego vise 20 000 utilisateurs en France en juin 2010. Une levée de fonds est aussi prévue pour cette entreprise qui se développe à l’incubateur de l’Ecole Centrale Paris ;

L’entreprise allemande OpenRide propose un service de covoiturage temps réel reposant sur les nouvelles fonctionnalités – GPS notamment – des téléphones mobiles dernier cri. Le conducteur qui dispose d’une ou plusieurs place(s) dans sa voiture se signale depuis son iPhone ou équivalent. Le serveur d’OpenRide centralise en temps réel les offres et demandes de trajets. Il peut ainsi alerter en temps réel les personnes qui cherchent un véhicule et se situent dans un périmètre proche du véhicule disponible. Une application particulièrement intéressante pour de petits trajets en zone urbaine.

Note personnelle : le site www.covoiturage.fr est aujourd’hui le plus utilisé et se développe énormément, aussi bien chez les étudiants que pour les salariés. J’utilise ce site toutes les semaines lors de mes déplacements personnels du week-end !

L’autopartage

L’autopartage consiste à partager une flotte de voitures entre plusieurs personnes. Les TIC facilitent ce type de services en gérant la réservation des voitures. Les TIC facilitent ce type de services en gérant la réservation des voitures, en assurant la télé relève des informations de conduite et le suivi du parc de véhicules. En Europe, la professionnalisation des services d’auto-partage a permis le développement de plusieurs logiciels performants intégrant ces principales fonctions d’automatisation.

On estime qu’une voiture en auto-partage remplace entre quatre et huit voitures privées. En Suisse et en Allemagne, certaines études ont montré que les adhérents à un dispositif de ce type avaient réduit leurs déplacements en voiture de 1 000 à 1 600 km par an et doublé le kilométrage en transports en commun. L’analyse du cycle de vie de l’autopartage dans la ville allemande de Brême révèle une réduction des émissions de CO2 d’environ 800 tonnes.

En promettant d’améliorer le paysage urbain de Paris et sa région, la Mairie de Paris prévoir dès 2010 l’installation de ses parcs Autolib’ avec 4 000 voitures à disposition des usagers. Tout comme son comparse le Vélib’, déjà très apprécié des usagers, Autolib’ mettrait à disposition des automobilistes des voitures en libre-service, réparties dans plusieurs centaines de stations à Paris en banlieue. L’objectif est de diminuer le trafic auto à Paris et sa métropole et donc d’atténuer la pollution, les embouteillages et les problèmes de stationnement.

[…]

Réunions à distance et téléprésence

Le terme générique de « réunion à distance » recouvre à la fois la simple conférence téléphonique, la visioconférence et la téléprésence. La téléprésence fait référence aux technologies qui visent à donner l’impression à un groupe de personnes distantes d’être présentes dans un même endroit : Hewlett Pachard (système Halo), Cisco (TelePresence 3000). Souvent, elle requiert une salle d’une grande superficie, ainsi qu’un décor spécifique destiné à donner l’impression à tous les participants d’être dans la même pièce. La web-conférence, elle, met en relation les participants sur Internet via la mise en relation des adresses IP de leurs ordinateurs. Les utilisateurs partagent une même source, mêlant image, son et autres données.

Dans le cadre de l’UE à 25, le remplacement de 20% des voyages d’affaires par une solution de téléprésence permettrait une économie globale de 22,35 millions de tonnes de CO2.

D’autres outils facilitent le travail à distance. C’est le cas des :

Google Apps pour le travail collaboratif à distance ;

Google Documents pour le partage de documents en temps réel ;

Google Sites pour la création et le partage de sites ;

Google Vidéos, un canal de diffusion vidéo interne comme externe.

N’importe quel ordinateur ou téléphone connecté à Internet et doté d’un navigateur permet d’accéder à Google Apps. La rupture principale de Google Apps est le changement de support : au lieu d’être dépendant de machines spécifiques (PC, serveurs), avec des systèmes d’exploitation particuliers, Google Apps s’appuie sur la plateforme la plus universelle qui soit : Internet.

La dématérialisation

La dématérialisation correspond à la transformation de documents papier en version numérique, sous la forme d’octets. On parle aussi de virtualisation. Lorsque des transports sont remplacés par des communications électroniques, on parle de démobilisation. Les applications sont nombreuses dans la vie quotidienne, privée comme professionnelle.

La vente en ligne concentre et réorganise les entrepôts de stockage et permet idéalement de produire « à la demande », ce qui permettrait d’éviter une surproduction et donc, très certainement, des déchets. Plusieurs études montrent que la vente en ligne n’est pas une solution tant que la livraison à domicile ne s’effectue pas par la Poste car le livreur parcourt juste un peu moins de kilomètres que le particulier qui se rendrait dans un magasin.

La possibilité de télécharger des logiciels sur le web, d’écouter de la musique ou d’utiliser des appareils photos numériques, la numérisation des factures, etc ., économisent les transports, le stockage, la gravure des cédéroms ou l’impression papier. La dématérialisation, rendue largement possible par les TIC, parait donc avoir un impact positif indirect sur l’environnement, car elle engendrerait des économies d’énergie, de papier, etc.

La dématérialisation peut certes avoir des impacts positifs en termes de développement durable pour les aspects environnementaux, encore faut-il les démontrer et les mesurer, à condition que l’entreprise ait réfléchi sur l’ensemble du processus à dématérialiser et qu’elle ait réalisé une étude préalable et un comparatif entre le coût (financier et environnemental) d’un processus dématérialisé et non dématérialisé. Cette démarche vaut aussi pour le Cloud Computing. Par ailleurs, quand un opérateur de télécommunications dématérialise ses factures, l’opérateur est gagnant sur tous les tableaux : transfert de responsabilité sur le consommateur (tu veux une facture papier ? tu l’imprimes !), gains économiques (plus d’impression papier, plus de frais d’expédition). Cette démarche n’a en fait pas grand-chose à voir avec le développement durable et encore moins avec la RSE.

En pratique, aucune étude sérieuse n’a pour le moment démontré ces gains. Pire, la dématérialisation des supports papier engendre presque toujours une re-matérialisation conséquente car il est aisé de copier, disséminer, puis imprimer un document numérique (pensez aux photos envoyées par e-mail, etc.). Par ailleurs, la « dématérialisation » ne dématérialise rien : elle transforme du papier ou des transports en octets. Or les octets, ce sont des fibres optiques qui parcourent la France, l’Europe, le monde, ce sont des écrans, des claviers, des serveurs, etc.

Source : Systèmes d’information et développement durable, Philippe Tassin et al., 2010, pp 130-138.